Quel est le sentiment le plus important à favoriser chez les jeunes enfants?

Quel est le sentiment le plus important à favoriser chez les jeunes enfants ?

Imaginez que vous vous réveillez dans un endroit inconnu, dans un autre pays, sous un climat et avec une culture différente de la vôtre ? Puis une personne vient près de vous et elle ne parle pas votre langue…


Comment vous sentiriez-vous ? Vous connaissant, seriez-vous envahie par certaines émotions ? À quoi penseriez-vous et qu’auriez-vous envie de faire ?

Voici quelques images que je propose en formation pour aider les participant à s’immerger dans cette expérience :

Vous devez vivre dans cette maison… ?

Vous devez prendre ce bus ?

Ou cette autoroute ?

Manger ce plat ?

Confrontés à un environnement inconnu : habiter dans une maison en Afrique, se déplacer en bus ou se déplacer sur des autoroutes aux États-Unis ou manger un plat japonais sont des expériences peut-être inhabituelles pour nous.


Bien souvent, lorsque je projette ces images en formation, on me dit : « non, je ne veux pas… Ce n’est pas pour moi »… Ce n’est pas évident d’exprimer ses sentiments, certaines personnes partagent le sentiment d’insécurité, de stress, de peur, de colère, de refus, de manque en tout genre, d’espace, de confort. Certaines personnes, quant à elles, évoquent plus rarement un sentiment agréable de découvrir de nouvelles expériences, d’être tentées par cette aventure, de se sentir libres.


Mais quel est le lien avec l’enfant ?


Dès la naissance, l’enfant arrive dans un monde tellement inconnu, que même respirer est nouveau pour lui ! Il doit s’adapter aux odeurs, à la lumière, à la sensation de faim, de froid et d’inconfort digestif.


De quoi a-t-il le plus besoin dans ce moment ? Il a besoin d’être rassuré, accompagné et soutenu pour s’adapter à tous ces changements. Mais il n’a pas la capacité de le faire seul, il est encore totalement dépendant et a un grand besoin de sécurité. Il a besoin d’accumuler le plus possible d’expériences positives, il est nécessaire qu’il apparaisse toujours une réaction positive lorsqu’il se retrouve en difficulté.


De cette manière, il va intégrer qu’il est aimé par ses parents, qu’il est important et il va alors ressentir un fort sentiment de sécurité grâce à la relation d’attachement.

Ce sentiment est d’une importance capitale pour le développement de l’enfant ; il est un socle, une base solide sur lesquels l’enfant va s’appuyer pour grandir. Sans sécurité, l’enfant va éprouver de fortes difficultés à se lancer dans des activités nouvelles, à découvrir le monde, à entrer en relation de façon positive avec les autres.


Dans l’exercice précédent, si nous nous imaginons dans cette situation, nous savons intuitivement que nous serions stressées, nous nous sentirions peut-être seules, tristes … De quoi aurions-nous besoin?


Lorsque je pose cette question en formation, je leur demande : « si vous étiez obligées de vivre dans cette situation mais que vous pouviez demander ce que vous voulez »… Les réponses des personnes tournent alors autour de la famille, les amis, les animaux, des objets familiers, des livres, des photos, du confort, un guide sur place qui explique la culture locale…

Ces réponses sont finalement très ressemblantes à ce qui est proposé en crèche pour aider un enfant à s’adapter à ce nouvel environnement. Les parents sont souvent invités à apporter ou à partager ce qui sécurise l’enfant à la maison :

  • objet transitionnel : doudou, tétine,

  • linge qui porte l’odeur de la maman, les draps de la maison

  • la nacelle pour les touts-petits,

  • photos de la famille pour faire un album photo, ou un mur photo.

  • Une musique ou comptine familière.

  • Les jeux préférés de l’enfant

  • Des informations concernant l’endormissement

  • le repas qui pourrait permettre aux professionnels de recréer ces conditions dans la mesure du possible à la crèche.


Les professionnels savent à quel point il est important de favoriser le sentiment de sécurité affective, ils savent que cela va permettre à l’enfant de s’adapter dans ce milieu inconnu, qu’il va pouvoir trouver ses repères et s’épanouir dans ce nouvel environnement.


La crèche proposera également une période de familiarisation et de transition, pour aider l’enfant et le parent à s’adapter progressivement.


Les parents se sentiront aussi sécurisés par une puéricultrice référente, ou par la stabilité du personnel, sachant qu’un jeune enfant ne peut pas mémoriser plus de 5 visages la première année…


La qualité de la relation entre les parents et l’enfant va permettre à celui-ci de se sentir rassuré et en sécurité ; une relation d’attachement sécurisante est une base solide pour l’enfant. Les puéricultrices peuvent également, par leur comportement bienveillant et sécurisant, contribuer à l’apaisement de l’enfant.


Pour illustrer l’importance d’une relation d’attachement sécurisante, voici un extrait vidéo de l’expérience du visage impassible :

on y voit l’enfant utiliser toutes ses capacités pour maintenir une proximité avec les adultes qui l’entourent.

Établir une relation affective, un lien d’attachement avec un autre être humain, est donc un besoin vital. Chaque fois que l’enfant est stressé, il va retourner près de sa mère, ou auprès d’une personne rassurante pour rechercher du contact. C’est ainsi que se développe une sécurité de base. « Nous sommes nés pour former des liens d’attachement, nos cerveaux sont construits pour se développer en tandem avec un autre cerveau humain, à travers la communication émotionnelle, avant même le développement du langage », dit Allan Shore, un neuropsychologue et neuro psychanalyste américain contemporain.


Voici une image de la pyramide des besoins, où nous voyons que les besoins de sécurité de l’enfant se situent juste après les besoins physiologiques.

En résumé, le sentiment de sécurité physique et psychologique est indispensable pour le jeune enfant. Ce sentiment ne se construit que dans « la relation », c’est une base solide pour l’enfant, qui va lui permettre entre autre :

  • D’explorer le monde qui l’entoure, de jouer, d’aller vers les autres enfants et donc de développer toutes ses compétences motrices, cognitives et relationnelles.

  • De rester seul plus longtemps, de mieux gérer la frustration, d’être plus autonome.

  • D’ avoir davantage confiance en lui.

  • De favoriser la croissance du cerveau et de ses différentes structures cérébrales.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Merci de m’avoir lue, et n’oubliez pas : si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas à me les transmettre !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.