3 jeux à éviter pour les jeunes enfants: trotteur, canard sauteur, et table d’activités.

3 jeux à éviter pour les jeunes enfants : le trotteur, le canard sauteur et la table d’activités

Le trotteur

Vu le nombre d’accidents domestiques, le trotteur est interdit à la vente au Canada, depuis près de 15 ans, la France semblerait suivre la même voie. Mis à part le risque de chute qu’occasionnerait le trotteur, pourquoi est-il déconseillé ? 15 minutes par jour, pas plus… Entend-on, mais pour quelles raisons?

 

Au tout début…

Le développement psychomoteur du bébé est lié notamment à la maturation du système nerveux.

Progressivement, l’enfant va découvrir les objets, les contours, les textures… Il les met en bouche, il s’éveille, il est curieux, il découvre l’espace et le monde extérieur.

 Toutes ces informations sensorielles sont décodées, il répète certains mouvements, développe sa musculature, il expérimente ses points d’appuis corporels, et il apprend à diriger son corps de plus en plus précisément. Que lui faut-il ?

Il a besoin d’un bon environnement : un tapis au sol si possible et des jeux autour de lui. Lors des moments de jeux, la position couchée sur le dos va lui permettre de soutenir tout le poids de sa tête, de coordonner tous les mouvements de son corps, de découvrir les positions équilibre-déséquilibre.

On pourrait se dire qu’à 7-8mois, à l’âge où l’on met habituellement l’enfant dans un trotteur qu’il n’ a plus besoin d’être couché sur le dos.

Il tient assis, cela ne le concerne plus… Au contraire, l’enfant en a encore  vraiment  besoin, jusqu’à ce qu’il se mette debout par lui même.

Le système nerveux de l’enfant n’étant pas tout à fait mature, lorsqu’on le met dans une position qu’il n’a pas acquise par lui-même, ici la position debout, la coordination tonique des muscles du dos ne lui permet pas de résister à la force de la pesanteur, son centre de gravité est plus haut et les messages neurologiques envoyés au cerveau sont insuffisants. L’enfant se met en tension, même si le bébé peut exprimer un certain plaisir à être dans cette position, ces tensions corporelles et le stress engendré se répercuteront inévitablement par la suite. Peut-être au moment de l’endormissement, ou du repas…

Quelles sont dès lors les conséquences ?

Lorsqu’il est dans un trotteur, les roues lui donnent un faux rythme de la marche, il peut se déplacer à une vitesse d’un mètre par seconde, c’est très rapide pour lui et il a finalement très peu de pouvoir et d’actions sur les chocs, il ne peut pas contrôler les déséquilibres.

Lorsqu’il tente de marcher, l’enfant en déséquilibre a des « réactions parachutes »,c’est-à-dire qu’il tend les bras pour amortir la chute. Lorsqu’on lui en donne l’occasion, d’essai en essai, il va devenir de plus en plus adroit et prudent. « Il apprend donc à mieux tomber ». Mis dans un trotteur, on le prive donc de toutes ces expériences motrices.

Dans un harnais, il a peu de liberté d’action, il ne peut pas comme lorsqu’il est au sol, découvrir le monde qui l’entoure au gré de ses envies et de ses intérêts.

Dans le trotteur, il fait sans cesse le même mouvement, il s’élance sur la pointe de ses orteils en propulsant son dos, traîne ses pieds et finalement intègre la répétition de mauvais repères pour l’acquisition de la marche.De plus, les jambes flottent et ne se musclent pas , les pieds sont peu en contact avec le sol. Les enfants ont plus de mal à développer solidité, assurance, et à acquérir de l’aisance dans les mouvements des membres inférieurs qui permet la stabilité et la sécurité.

Lorsqu’un enfant se met à marcher, c’est tout un système ingénieux qui se met en place progressivement : il développe minutieusement le repoussé des orteils, le déroulé du pied, il pousse sur ses points d’appui. Les articulations, le genou et la hanche se coordonnent pour trouver un certain équilibre et une stabilité dans le bassin. Chaque étape passée du développement psychomoteur lui apporte tellement de plaisir, et de fierté qu’il développe un profond sentiment de sécurité intérieure, un sentiment de confiance qui l’aidera pour d’autres apprentissages. C’est un cercle vertueux !

Plus l’enfant est adapté, plus son développement est harmonieux et plus cela va avoir des répercussions positives sur d’autres aspects du développement.

S’il y a des jouets sur la tablette du trotteur, ils ne peuvent pas être mis en bouche, ils ne sont pas manipulables, ils sont donc peu intéressants pour lui à cet âge.

Jolly Jumper, youplala ou canard sauteur

 

L’enfant est mis aussi en position debout, alors que son développement musculaire ne le permet pas, comme dans le cas du trotteur,sa liberté d’action est encore plus limitée, il ne peut que sautiller sur place, et rappelons aussi que lorsqu’un enfant n’a plus envie, il ne sait pas le dire !

La table d’activités et ses multiples déclinaisons: siège d’activités, exerciseur ou encore soucoupe d’activités.

Il y a beaucoup de noms et de variantes, l’enfant est à nouveau dans une position qu’il n’a pas acquise par lui-même, certains fabricants proposent ces jeux dès 4 mois !

L‘enfant est alors mis assis, il se met en tension pour maintenir cette position, comme dans le cas du trotteur, ces tensions sont inutiles (elles n’aident pas à l’enfant à se muscler, comme on l’entend parfois…) cela peut entraver le développement psychomoteur.

De plus, un jeune enfant n’a en général plus envie d’être couché sur le dos, lorsqu’on le met dans la position verticale, par la suite, il risque de se mettre à pleurer, et donc on va le mettre de plus en plus souvent… Pourtant, c’est en explorant l’espace autour de lui lorsqu’il est couché qu’il va passer une grande étape : se retourner ! Par la suite, il pourra enchaîner le ramping et le 4 pattes.

Par rapport au différents jeux proposés sur la table d’activités, il ne peut en général pas les prendre pour les manipuler ni pour les mettre en bouche. Or, un bébé apprend de cette façon en manipulant, il se perçoit comme « acteur »avec « un hochet » par exemple, il le secoue , un son se produit, il en est à l’origine.

Il fait une tour de cube, elle tombe, il se perçoit comme étant capable de transformer l’environnement qui l’entoure.

Ce n’est pas possible avec ce type de jeux, il ne peut que toucher ou tapoter sur les jeux dans une position inconfortable pour lui.

L’enfant n’apprend pas non plus « à jouer seul », les difficultés peuvent survenir à la crèche, car ces jeux étant déconseillés en collectivité, le bébé peut plus facilement pleurer, demander plus d’attention, car il a peu de plaisir à jouer, découvrir ou expérimenter. Les puéricultrices peuvent être plus vite agacées… et l’enfant n’ayant pas appris à jouer seul, a peu de plaisir à découvrir, et développe de ce fait peu de compétences, il se sent plus vite en insécurité, ce qui retentit sur sa relation avec son entourage…

Un jeu de plus à utiliser avec modération…

 

Le portique, ou les arceaux d’éveil

Vous allez dire, mais il est sur le dos ?! Oui, mais les jeux sont en hauteur et pas autour de lui, il est donc stimulé par des jeux au-dessus de lui, et toujours identiques… Il n’est pas stimulé pour aller chercher les jeux par lui-même, et donc à se retourner. On peut aussi être tenté de mettre le portique au-dessus du relax ou transat, où chaque fois que l’enfant est couché et donc entraver ses capacités exploratoires. Néanmoins, ce type de jeux est le moins néfaste de tous les jeux présentés plus haut, car l’enfant est dans une position adaptée.

Dans le trotteur, ou les tables d’activités, on conseille de ne pas laisser l’enfant plus de 20 minutes par jour. Est-ce que ces achats en valent réellement la peine ?

Si le sujet de la liberté de mouvement et des jouets vous intéressent, Chantal de Truchis aborde tous ces points et bien d’autres, dans son livre ” l’éveil de votre enfant “.

 

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